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Un pigeon chez les"poulets"

Le pigeon messager est utilisé par l’homme depuis des millénaires : des tablettes sumériennes de plus de 5000 ans témoignent du dressage de colombes et les navigateurs phéniciens utilisaient déjà des pigeons pour donner de leurs nouvelles lorsque la tempête les retenait éloignés du port . En France, depuis Charlemagne et durant tout l’Ancien régime, la colombophilie, définie comme « l’art d’élever et de faire concourir les pigeons voyageurs », est un privilège réservé à la noblesse. Après l’abolition de ce privilège par la Révolution, au XIXe siècle, et malgré l’apparition de nouveaux moyens de communication comme le télégraphe, elle ne cesse de se développer, particulièrement dans le nord de la France sous l’influence de la Belgique. La guerre de 1870 et le  ......[Lire la suite]

Le pillarot cantalien de l’après-guerre à l’avant-garde du développement durable


Un usager des Archives départementales a fait récemment un don original : il s’agit des registres journaliers d’achat et de vente des établissements Villedary, « exploitation générale de chiffons, pelleterie et métaux » à Aurillac (4-6, rue François Maynard) et Bort-les-Orgues.

Ces documents étaient – ironie du sort – promis à la poubelle et entreposés dans la rue, près de la gare d’Aurillac. Chaque registre, paraphé par le commissariat de police de la ville, porte le nom des acheteurs et des vendeurs, décrit la marchandise (tissu, cheveux, capsules, métal, peaux d’animaux, plume, cuir, os, soies de porc, tricot, lapins plats ou lapins ronds, papier, etc.) et en donne le prix d’achat.

Le papier à en-tête de l’entreprise, dans les années 1930, porte la mention « Ce papier est fabriqué exclusivement avec du chiffon ».
Avec l’avènement de la société de consommation et du jetable (les Italiens disent « usa e getta »), dans les années 1950, ce type de métier de récupération et de recyclage a disparu. Le relais a néanmoins été pris par les compagnons d’Emmaüs, de l’abbé Pierre, au milieu des années 1950. Ce n’est que dans les années 1990 que s’amorce, en France, la prise de conscience de la nécessité de rationaliser la gestion des déchets et de recycler ce qui peut l’être. Les décharges deviennent des déchetteries ; les enfants des écoles les visitent pour y acquérir les réflexes de tri.
Le métier de pillarot et de récupérateur, que des Cantaliens exercèrent aussi partout en France, notamment à Paris, n’était pas très bien considéré. Et pourtant : ce métier disparu après-guerre était à l’avant-garde du développement durable. Au reste, le développement durable est souvent le nom que l’on donne aux vieux principes d’économie domestique (« dans le cochon tout est bon », ou bien « on ne jette rien », ou bien encore « il faut éteindre la lumière avant de quitter la pièce »), mais avec une terminologie postmoderne plus glamour


Archives départementales du Cantal, 1 J 797

Le mois prochain : plan cadastral aquarellé des années 1780 de la paroisse de Cussac (villages de La Jarrige et de Badabec)

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